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BRUSSELS STUDIES INSTITUTE

Chaire BSI-citydev.brussels 2023 – Cours 1 : Acteur.trice.s & Ressources

On parle de co-résilience lorsque des groupes et des communautés prospèrent avec l’incertitude et les changements imprévisibles. L’importance accordée à l’incertitude et aux perturbations dans le discours sur la résilience a remis en question (et actualisé) les discussions sur la durabilité. Elle a introduit une perspective plus dynamique sur les processus de changement, abordés à travers des notions telles que la « capacité d’adaptation », la « transformation », la « transition » et la « capabilité ».

La capabilité est un concept relativement nouveau qui traite de la nécessité d’identifier, de rendre disponibles, de redistribuer et de partager les ressources en termes d’espace, de connaissances et de pouvoir entre les acteur.trice.s locaux.ales et les communautés pour améliorer la résilience. L’idée de capabilité est essentielle pour comprendre la co-résilience car elle connecte les processus de résilience à la capacité d’empowerment des communautés.

Les processus de partage collectif, de coopération et de mutualisation sont des moyens d’activer la capabilité au sein d’une communauté, d’un quartier ou d’une ville. Permettre l’émergence de réseaux de partage et soutenir les processus de mise en commun pourraient être bénéfiques aux pratiques de résilience, tant au niveau individuel que collectif. Ces réseaux de partage collectif pourraient renforcer la durabilité des initiatives locales, leur permettre de s’étendre et de générer de nouvelles itérations par la reproduction et la multiplication. Ils pourraient également permettre des connexions entre les initiatives à travers les lieux, facilitant le partage des connaissances et le soutien mutuel et renforçant la capacité d’action collective pour générer des changements à plus grande échelle.

En utilisant la Théorie de l’acteur réseau de Bruno Latour et en s’appuyant sur plusieurs exemples concrets, cette leçon se concentrera sur la notion de co-résilience en tant que capabilité et sur les réseaux d’acteur.trice.s qui la génèrent.

Ceci sera fait en dialogue avec le projet Commons Josaphat présenté par Kato Van Speybroeck (Public Governance Institute, KU Leuven), qui mène une recherche sur les pratiques de commoning à Bruxelles.

Titulaire

Doina Petrescu

Intervenante

Kato Van Speybroeck

Conférence inaugurale

Aucun événement à venir.

Cours magistraux

Abandons et sans-abrisme : le rôle des contre-espaces Depuis les années 1990, les quartiers centraux de la ville de São Paulo ont connu une explosion du nombre de squats dans les bâtiments abandonnés. Vivre dans un squat est devenu une alternative concrète car la crise du logement n’a cessé de s’étendre. Dans ce contexte de crise du logement en permanente expansion, les logements sociaux et autres alternatives formelles du marché sont devenus inaccessibles pour divers groupes et individus. Certaines des « ocupações » ont réussi à s’ouvrir à des dynamiques plus larges et à créer des alliances avec des acteurs et actrices sociaux.ales et politiques varié.e.s. Elles ont développé des tactiques pour subsister et résister aux déplacements forcés, tout en créant des pratiques et imaginaires d’aménagement de l’espace alternatifs. Au cours de ce premier cours, Raquel Rolnik abordera d’abord les expériences des squats à São Paulo. Accompagnée par les étudiant.e.s, elle réfléchira ensuite de manière critique à la complexité des luttes et des réalités impliquées dans le rôle de ces contre-espaces dans la ville. Enfin, la professeure Rolnik se concentrera sur des pistes potentielles pour repenser les politiques de logement à São Paulo et ailleurs.

Le logement sous l’Empire de la finance Le scénario de l’après-crise de 2008 a été marqué par des changements sur le marché mondial et des opportunités pour les investisseur.euse.s de déplacer librement leurs capitaux liquides à travers les frontières, les secteurs et les projets. L’environnement bâti en général, et le logement en particulier, sont devenus les nouvelles frontières de la spéculation et de la propriété. La crise du logement, qui a résulté de la financiarisation du logement dans sa phase d’hypothèque et d’accession à la propriété, a servi de base au déploiement d’une nouvelle classe d’actifs basée sur le logement locatif. Les nouvelles technologies de l’information ont permis aux investisseur.euse.s de concentrer la propriété d’unités dispersées, d’extraire les flux de revenus et les données et de les regrouper sur les marchés des capitaux, dans des opérations gérées par des plateformes numériques et des applications. Ces changements ont non seulement permis une nouvelle forme de financiarisation du logement par le haut – via des partenariats entre les entreprises propriétaires et l’État, mais ont également généré des liens nouveaux et pervers entre la précarité du travail, l’informalité et le capital financier. Cette leçon débutera par un cours donné par Raquel Rolnik, suivi d’un moment d’interactions entre la titulaire de la chaire et le public.

La planification de l’inégalité Dans ce cours, la professeure Raquel Rolnik présentera certains des conflits, thèmes et options politiques qui ont défini l’évolution de la ville de São Paulo depuis sa fondation. Rolnik, soutenue par le rappeur Emicida qui a collaboré à son dernier livre-projet, souligne la thèse selon laquelle l’inégalité urbaine est le résultat d’un projet politique, ce qui ouvre des voies pour une transformation potentielle : « Si l’abîme social embarrassant dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui est le résultat de choix délibérés, la construction d’une ville future meilleure dépendra également de ces choix. » Cette leçon débutera par une conférence donnée par Raquel Rolnik, suivie d’un moment d’interactions entre la titulaire de la chaire et le public présent.

Les risques du risque : dépossessions et droit à la ville Historiquement, le langage de la planification et les normes administratives ont été mobilisés pour définir les frontières du « paria ». Au nom de l’hygiène ou de la lutte contre la drogue, les quartiers populaires ont été stigmatisés et, en tant que tels, voués à disparaître. Le « risque » est devenu la nouvelle justification pour établir les périmètres des « territoires préférentiels » – objets d’expulsions imminentes – à utiliser comme nouvelles lignes de failles pour l’expansion du capital. Comme des points rouges sur la carte, ces lieux peuvent être profondément marqués par la violence et la destruction au nom de la légalité. Mais en abordant ce scénario, il est important de reconnaître que la ville est contestée et qu’elle est aussi un mouvement permanent « d’encampments ». Raquel Rolnik soutient que, dans cette « guerre urbaine » (urban warfare), l’espace n’est pas le décor où se déroulent les batailles, mais plutôt l’objet même de ces celles-ci. Dans ce contexte, les stratégies visant à atténuer les effets du changement climatique dans la ville ne devraient pas être conçues sans une lecture approfondie de l’économie politique de l’espace. Cette session débutera par un cours donné par Raquel Rolnik, suivi d’un moment d’interactions entre la titulaire de la chaire et le public.

Ateliers

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